1. Le système nerveux et la douleur : comment cela fonctionne ?

               Introduction :

Dans cette première séquence, nous allons traiter une partie du sujet qu’est la douleur physique dans son ensemble et avec des exemples historiques et médicaux pour aboutir à une ambigüité de réponse entre possibilité ou impossibilité de quantification.

 

                    1. Le système nerveux et douleur : comment cela fonctionne ?

 

Nous démarrons la première partie de cette séquence 1 avec la volonté de comprendre qu’est ce que la douleur et pourquoi la ressent-on ?

 

La douleur est, dans l’organisme, un signal qui nous prévient que quelque chose ne va pas dans l’organisme ou en dehors. D’après l’IASP : « La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en termes d'une telle lésion. »1. Subjectif, la douleur diffère selon le ressenti des personnes, selon la cognition de la douleur. Pour les enfants par exemple, la douleur est souvent associée aux pleurs ou à la présence de maux. Elle est aussi multifactorielle : la douleur peut survenir à cause des facteurs internes au système tel que des maladies ou un dysfonctionnement de l’appareil nerveux ou à cause d’éléments externes avec par exemple des caractéristiques du milieu, un traumatisme dû à une brûlure, une plaie ou un choc. La douleur est aussi polymorphe. Ce mélange en fait, par conséquent, un phénomène complexe.

 

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L’habitude du ressenti fait que les nerfs sont habitués au passage des stimuli. La douleur peut être stoppée par des molécules chimiques comme la morphine ou autres médicaments2. Son évaluation est indispensable dans le milieu médical et primordiale pour un soin adapté, mais il n’existe pas de grandeur physique en rapport directe pour la quantifier. Grâce à cette évaluation, les paramètres vitaux peuvent devenir des critères plutôt objectifs et une augmentation du nombre de patients soignés devrait être observée. Les scientifiques pourraient certainement créer de nouveaux médicaments.

 

          1) Capteurs de la douleur sous le derme

 

En général, la douleur est ressentie par l’organisme pour nous permettre de réagir sur le facteur désagréable. Transformée en messages appelés stimuli, elle passe par le système nerveux et remontant au cerveau. Comment le signal est-il transmis de la perception au système central nerveux ? Les capteurs sont-ils toujours performants ?

 

Des cellules réceptrices de la douleur appelées nociceptives sont des terminaisons libres ou autrement dit, des neurites, parties de l’extrémité des neurones sensoriels. Ils existent différentes terminaisons : les mécanorécepteurs, les chimiorécepteurs, les thermorécepteurs et les photorécepteurs (dans l’œil uniquement)4. Par exemple, lors d’un « coup de soleil  », les thermorécepteurs réagissent face à la brûlure, envoient des stimuli vers le cerveau. C’est par ce fait que nous ressentons les tiraillements que cela occasionne. Pour tout autre type de douleur comme le regard sur une forte source de lumière ou un coup de poing, le même système est reportable. Les neurites se trouvent souvent sous le derme mais sont aussi présentes dans les muscles et les organes et sont capables d’effectuer une transduction permettant de transformer un message mécanique, thermique… en impulsions électriques appelées stimuli puis de les envoyer facilement au cerveau.

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Après avoir capté la sensation, nous allons voir comment l’information se transmet jusqu’au cerveau.

 

          2) Le transport du message

 

Le transport de stimuli se fait dans les neurones composants les nerfs afférents par impulsion électrique d’amplitude variable selon l’intensité de la douleur. Mais entre les neurones, nous y observons des éléments complexes. Comment se fait la transmission chimique d’un neurone émetteur A vers un neurone récepteur B.

 

Tout d’abord, la transmission de l’information nerveuse se fait au niveau d’une terminaison pré-synaptique d’un neurone quelconque A et d’une membrane post-synaptique du neurone B. Dans le neurone A circule des stimuli (1) qui, une fois arrivés à la terminaison, excitent les neurotransmetteurs (2), regroupés en vésicules synaptiques (3), contenant l’information de la douleur captée. Les neurotransmetteurs sont alors libérés dans la fente synaptique (4). Sur le neurone suivant B, des récepteurs captent l’information (5). 6

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Ensuite, les stimuli partent de la cellule captant la douleur vers le cerveau. Par conséquent, on peut donc dire qu’il y a une transmission largement réussie entre les neurones. Seule une infime partie de l’information peut se perdre lorsque les neurotransmetteurs sont lâchés et qu’ils reviennent au neurone de départ ou qu’ils partent sur l’un des côtés mais ces phénomènes sont rarissimes. Cependant, ces pertes peuvent devenir une faille du système.

Cette succession de neurones est présente depuis la cellule sensible de l’épiderme jusqu’au cerveau. Par ce fait, les stimuli traversent quelques millions de neurones constituant les nerfs. Il existe des nerfs de plusieurs calibres d’après le bureau étudiant de la faculté des sciences physiologiques et de l’éducation de l’ULB : « Les fibres A alpha et A bêta, entourées de myéline (substances lipidiques et protéiques formant une gaine autour de certaines fibres nerveuses servant à accélérer la conduction des messages nerveux) à conduction rapide transmettent la sensation tactile. Les fibres A delta, myélinisées et de petit diamètre, à conduction lente, transmettent des informations mécaniques et thermiques. Ces fibres sont responsables de la première sensation au cours d'un phénomène douloureux, qui est bien localisée (« épicritique ») à type de piqûre. Les fibres C, de très petit diamètre, amyéliniques, à conduction très lente, transmettent la douleur à type de brûlure. D'apparition plus tardive, cette sensation est aussi plus diffuse. » 7

La multiplicité de nerfs fait que, petit-à-petit, ils se connectent pour rejoindre la moelle épinière. Dans cette moelle, ce qui se passe est sensiblement différent, une certaine substance P est libérée en plus pour mieux diffuser le message. Le bulbe rachidien est à la base du cerveau et fait le lien entre la moelle épinière et le cerveau.

Ensuite, les stimuli électriques doivent arriver au centre nerveux qu’est le cerveau. Comment l’information est-elle traitée dans le cerveau ?

          3) Une centralisation, une concordance des voies sensitives

Une fois que les stimuli arrivent à la base du cerveau, ils ne vont pas tarder à être pris en charge. Quelles sont les différentes parties du système principal nerveux sollicitées par la sensation de douleur ? A quoi servent les réflexes ?

Par manque de vocabulaire, nous allons être schématiques sur ces quelques explications. Après avoir capté les signaux provenant de la moelle épinière, le bulbe rachidien contenu dans le pont de Varole redirige l’information vers le thalamus, partie centrale du cerveau où convergent toutes les informations nociceptives. Il va par la suite faire un travail gigantesque pour déterminer l’intensité, la localisation, le type et la durée du signal douloureux. La partie centrale du thalamus avec le ventricule latérale et le cortex frontale élaborent ensemble le retour d’informations efférentes pour toutes réactions motrices et émotionnelles.

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Le message efférent retourné par le cerveau servira pour tout organe ou muscle afin de  se contracter ou se relâcher. Ces phénomènes peuvent être externes ou internes mais agissent dans le même intérêt : diminuer ou supprimer la sensation désagréable. Dans ce cas, on appelle ces phénomènes, des réflexes. Nous pouvons nous rappeler de ce célébrissime coup de ‘‘marteau’’ même si ce type de réflexe est musculaire (sur le tendon rotulien). Cela arrive que des personnes n’aient pas de reflexe, on dit qu’elles ont des défaillances nerveuses.

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Nous avons pu voir dans cette première partie que tout un réseau de matériels fonctionnels sensibles à la douleur est présent dans notre organisme. Nous l’utilisons souvent sans même nous en rendre compte. Sans cela, la vie humaine ne serait même pas pensable.

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